Après quelques mois avec le Sony a7, j’ai le recul nécessaire pour faire le point sur ma migration des reflex Canon à l’hybride Sony en utilisation professionnelle.

Pourquoi le a7 ?
D’abord chez Nikon, puis utilisateur Canon depuis l’EOS 100 (1991), je négocié le virage numérique avec l’EOS 1Ds (premier plein format numérique) et j’ai fini avec l’EOS 5D MKII.

Les Canon EOS m’ont toujours bien servi mais au fil du temps ils se sont, à mon sens, fait un peu distancer par Nikon (particulièrement en performances du capteur, et finalement même en AF*). Ainsi en passant du D700 au D800, les progrès sur le capteur Nikon ont été significatifs (le capteur des Nikon vient de chez Sony).

nikon

Evolution Nikon 2008 (D700) à 2012 (D800). Gain : 15% sur le score du capteur.

 

Canon

Evolution Canon 2008 (EOS 5D MKII) à 2012 (EOS 5D MKIII). Gain : 2% sur le score du capteur. Dans le classement DXO Mark, il faut descendre bien bas pour trouver le premier Canon.

Malgré cela, les prix n’ont pas cesser d’augmenter et quand le 5D MKIII est sorti, il était tout simplement trop cher pour ce qu’il avait à m’apporter.

J’ai d’abord envisager de passer sur un Nikon D800 mais après l’avoir testé, et avec les repères de plus de 20 ans chez Canon, je ne l’ai pas trouvé intuitif pour deux sous et j’ai vite abandonné cette idée.

A noté aussi qu’à mon activité (originellement purement photo) se sont ajoutés la vidéo, et la prise de vue (photo et vidéo) aérienne par drone.

pierto.net-1307-2734_MacBook-Pro-de-Pierre.local_Feb-05-202958-2015_Conflict_MacBook-Pro-de-Pierre.local_Feb-05-210845-2015_Conflict_MacBook-Pro-de-Pierre.local_Feb-06-090213-2015_Conflict_MacBook-Pro-de-Pierre.local_Feb-06-121604-2015_Conflict

J’en demande donc plus à mon matériel qui doit toujours être capable du meilleur en photo, mais aussi en vidéo, et tant qu’à faire d’être plus compact et léger pour une utilisation sous drone.

Ayant surveillé du coin de l’oeil l’arrivée des Sony a7 et a7R, je me suis un jour (sans préméditation) retrouvé à la Fnac à prendre un a7 en main et ça a été le choc !


Petit boîtier plein format
Un des tout meilleur capteur disponible, une construction très soignée, une ergonomie à l’ancienne avec tout le nécessaire accessible par des molettes mécaniques… what else ?!

Chris-Gampat-The-Phoblographer-Sony-A7-A7r-RX10-Zeiss-Lenses-15-of-31

Le capteur Sony au top, sans l’encombrant boîtier du Nikon D800 et avec une ergonomie nettement plus familière !

Capture d'écran 2015-02-19 10.44.18

Les capteurs Sony en 24 Mpx ou 36 Mpx  surclassent celui du 5D MK III.

 

Mon intérêt pour la bête est monté d’un cran et j’ai commencé à me documenter pour voir s’il conviendrait à mon usage.
Malgré un AF apparemment poussif et l’absence de viseur optique, j’ai investi dans un kit a7 avec le 28-70, zoom d’entrée de gamme mais stabilisé et tout à fait correct.


Personnalisation
Il m’a fallut quelques centaines de clichés avant de prendre mes marques, et une bonne dose de personnalisation pour me sentir chez moi (point fort de ce boîtier : on peut vraiment l’adapter à ses préférences).

pierto.net-1411-26823

 

La force du a7, c’est aussi la personnalisation très poussée.

J’ai complété l’ensemble avec le zoom 70-200 f/4 G OSS (stabilisé) et me voilà opérationnel (manque encore un 16-35, achat programmé) pour être à 100%.

pierto.net-1411-26828

Superbe construction pour ce 70-200 f/4 G.

J’ai tout de suite monté un LB-A7, l’accessoire ultime qui permet de fixer le boitier sur un trépied aussi bien à l’horizontal qu’en vertical (fixation Arca Swiss).

pierto.net-1411-26822

LB-A7 : l’accessoire ultime pour les Sony a7 !

En plus, il vient améliorer la prise en main en augmentant un peu la hauteur du boitier permettant au petit doigt d’être de la fête.

pierto.net-1411-26815

 

Le LB-A7 permet la fixation sur un trépied en un clin d’œil, même en vertical.

Cet accessoire génial reste à demeure sur mon A7, il laisse l'accès à la batterie et à toutes les prises..

Cet accessoire génial reste à demeure sur mon a7, il laisse l’accès à la batterie et à toutes les prises..Pas cher et parfaitement conçu et réalisé : un must !


Photo 100% RAW !
Je n’aborderai pas la qualité des images en JPG puisque je ne photographie qu’en RAW. J’ai débordé été surpris par la qualité du capteur en terme de dynamique (capacité à restituer les détails dans les zones très sombres, et très claires) et dans les montées en ISO.

Il est rarement impossible de faire des images avec l'A7, un peu de lumière et c'est bon, ici à 6400 ISO.

Il est rarement impossible de faire des images avec l’a7, un peu de lumière et c’est bon, ici à 6400 ISO.

Là où il n’était pas raisonnable de passer au-delà de 3 200 ISO sur le 5D MKII, je peux monter tranquillement à 6 400 voir 20 000.

pierto.net-1408-23787Une photo à 20 000 ISO (sans aucune post-production)


Autofocus pour la photo :
C’est là que ça fait mal… J’ai choisi l’a7 pour deux raisons : pour tester mieux vaut prendre le moins cher de la gamme au cas où je ne serais pas convaincu ; et il est sensé être meilleur que l’a7R en autofocus. Malheureusement ce n’est pas glorieux dans tous les cas de figure. Avec le 28-70 du kit, il s’en sort honorablement vu qu’on reste sur des focales relativement courtes à de modestes ouvertures (f/3,5-5,6). On note juste une difficulté à faire le point sur les surface peu contrastées dés que la lumière baisse. 

pierto.net-1411-26824

L’autofocus n’est clairement pas le point fort des Sony a7.

Avec le 70-200 F/4 G les carences sont beaucoup plus criantes ! Par exemple il faut oublié le suivi autofocus sur un sujet se déplaçant vers l’avant ou vers l’arrière. Un piéton qui avance vers vous par exemple, les déchets sont énormes, rien à voir avec le pourtant pas terrible 5D II et loin derrière le 7D.

pierto.net-1411-26826

Le 70-200 f/4 G est sans pitié pour souligner les faiblesses de l’AF.

L’AF se montre honnête tant qu’on reste sur le même plan, ou que les changements sont vraiment lents, mais pour le sport ou l’action, il ne faudra pas compter dessus et procéder différemment (mise au point manuelle).


Et la vidéo ?
Contrairement au 5D MK II ou III, l’autofocus reste opérationnel et très doux. Si pour la plupart des cas je préfère travailler en manuel, il peut être bénéfique de pouvoir compter sur une mise au point autofocus fiable pour couvrir des évènements par exemple, et se concentrer sur le cadre sans se prendre la tête sur la netteté. Pour le reste, c’est que du bonus par rapport au 5D MK II :

Supérieur au 5D MK II en vidéo avec le 50 im/S en 1080p.

Supérieur au 5D MK II en vidéo avec le 50 im/S en 1080p et l’autofocus actif.

  • 50 im/s en 1080p
  • entrée micro ET sortie casque
  • possibilité de cadrer au viseur oculaire

Pour aller plus loin cette vidéo compare les Canon EOS 5D III et le Sony a7S orienté vidéo :
Le bouton d’enregistrement vidéo est par contre très mal placé, difficile à activer : à améliorer sur la prochaine version !


Viseur EVF, pas si mal.
Il est bien défini mais on est très loin de la clarté d’un viseur de reflex. Dans 80% des cas il convient très bien, avec comme avantage de montrer l’image telle qu’elle sera prise, avec les corrections sur-ex./sous-exposition. Il offre aussi un niveau pour l’horizon et la pente (si on vise vers le haut ou vers le bas), un focus peaking (matérialisation du plan de netteté par illumination des arrêtes concernées), une loupe parentérale pour l’assistance à la mise au point manuelle… Bref, plein de choses intéressantes que l’on peut bien sûr choisir de voir ou de ne pas voir et qu’un reflex ne peut pas offrir.

Reste 20% des cas où là il est vraiment à la peine : soleil bas qui ébloui par les côtés, sous bois où les détails fourmillent et on a du mal à y voir clair surtout en focus peaking lors de la mise au point manuelle.


L’écran arrière orientable. 
Par rapport au 5D MKII ou III, il est orientable en bascule. Il n’est pas complètement articulé comme sur certains boîtiers, mais il se montre très pratique pour les angles de vue extrêmes, au ras de sol, pour la prise de vue en  plongée, contre-plongée ou pour certaines macro de petites bêtes rase-moquette. Sony-A7-backLe viseur oculaire proéminent vient toutefois le masquer un peu sous certains angles (visée de dessus). L’écran arrière n’est pas tactile mais je trouve ça tellement inutile que j’en suis ravi !


Une gamme optique en plein développement. 
Beaucoup moins riche que celle des reflex Canon ou Nikon, Sony a néanmoins retenu la leçon de son expérience NEX : de très bons hybrides pénalisés par une gamme d’objectifs pauvre et peu pertinente.
Avec l’appui de Zeiss, la gamme FE s’étoffe constamment et propose des optiques très qualitatives (à défaut d’être bon marché) et adaptées aux besoins de chacun.

Grâce à son faible tirage, la monture Sony E (celle dont on parle ici permet d’adapter de nombreuses optiques et de remettre en circulation les bonnes choses du passé.

Le point fort des A7 est également de permettre l'adaptation d'une foultitude d'objectifs anciens ou récents grace à l'utilisation de bagues adaptatrices. (photo Guillaume Le Berre)

Le point fort des A7 est également de permettre l’adaptation d’une foultitude d’objectifs anciens ou récents grace à l’utilisation de bagues adaptatrices. (photo Guillaume Le Berre)

A ce sujet, je recommande l’article de Guillaume Le Berre « Faire du neuf avec du vieux.« 


 A l’usage
J’apprécie l’encombrement et le poids réduits d’un matériel aussi performant et j’ai vite dû revoir la taille de mes sacs photos devenus disproportionnés. Je suis passé sur un petit sacs que j’emporte plus volontier avec moi.

Les faiblesses de l’autofocus sont quand même handicapantes dans des domaines comme la photo d’avions depuis le sol. Sur un meeting aérien par exemple, il y a aucune chance pour que le a7 me fasse une photo nette sur le passage d’un Sea Fury à 700 km/h en suivi AF ; alors que l’EOS 7D s’en sortait plutôt bien…

C’est un boitier qui vit avec son temps : la connexion wifi peut au début paraître gadget mais c’est génial de shooter en studio et de pouvoir exporter les images sur ma tablette pour un contrôle visuel dans de bien meilleures condition que sur l’écran arrière.

Capture d'écran 2014-11-21 20.50.13L’application mobile Play Memories permet également de déclencher l’appareil à distance et de modifier l’exposition.

Un magasin d’application est aussi au menu mais il est plutôt fastidieux de naviguer avec l’interface d’un appareil photo et l’offre n’a rien de passionnant pour quelqu’un qui maîtrise un peu la photo.


Autonomie

L'appareil est livré sans chargeur : il faut le recharger en branchant le câble micro-USB : un peu mesquin.

L’appareil est livré sans chargeur : il faut le recharger en branchant le câble micro-USB : un peu mesquin.

 

Même si vous avez plusieurs batterie, l’appareil étant le chargeur il est inutilisable pendant la charge.

L’autonomie n’est pas son point fort non plus. Là où je faisais 800 à 1000 photos avec une batterie sur l’EOS 5D MK II, je suis plus près de 250 avec le a7. La faute à des batteries vraiment petites.

Voilà de quoi tenir quelques heures de prise de vue et même de tournage vidéo (encore plus gourmand)

Voilà de quoi tenir quelques heures de prise de vue et même de tournage vidéo (encore plus gourmand)

Je signale au passage une mise en route très (trop) longue, il faut patienter une poignée de secondes avant que l’appareil soit opérationnel à chaque mise en route : un peu pénible !


En conclusion
Le Sony a7 est un boîtier très attachants et performants pourvu que l’on n’attende pas de prouesses de son autofocus, le talon d’Achille de cette gamme. Il a su en quelques semaines me rassurer sur son potentiel et prendre haut la main la relève de mes boitiers Canon que j’ai pu vendre l’esprit tranquille.

ici avec le grip vertical qui contient 2 batteries. Prise en main au top et report des commandes et molettes pour le cadrage vertical.

ici avec le grip vertical qui contient 2 batteries. Prise en main au top et report des commandes et molettes pour le cadrage vertical.

Léger et compact, il permet d’être opérationnel avec un petit sac photo, en tout discrétion et avec des résultats époustouflants (au niveau de tous meilleurs reflex actuellement disponibles). Parfaitement adapté à la photo reportage (discrétion, qualité en basse lumière), paysage (dynamique), studio (surtout le a7R et ses 36 Mpx qui surclasse les moyens formats…) et vidéo (en particulier le a7S).

J’espère que la prochaine génération apportera un autofocus de course, comme l’hybride Sony Alpha 6000 en possède déjà un et tout sera parfait !

Les +

  • taille et poids
  • qualité en basse lumière
  • dynamique du capteur
  • ergonomie, personnalisation
  • connectique complète
  • fonctionnalités wifi

Les –

  • autofocus à la peine
  • autonomie
  • lenteur à l’allumage
  • la gamme optique encore restreinte
  • pas de GPS intégré
  • bouton vidéo (très) mal placé

Pour plus d’info sur les Sony a7,
rejoignez notre groupe Facebook dédié.

*AF : auto-focus